Un weekend à Prague

Deux jours à Prague ne suffisent pas pour visiter la ville, mais en deux jours nous avons pu parcourir le centre historique de la capitale tchèques. Sur les bords de la Vitava, la Vieille-Ville offre un univers coloré et riche de découvertes.

Pour une ville aussi riche d’histoire, un weekend n’est qu’une prémisse avant un voyage plus long qui permettrait de comprendre toutes les vertus de Prague. Depuis l’antiquité, les peuples vivent le long du confluent de l’Elbe, mais la région du duché de Bohême a connu son apogée au XIVe siècle. Aujourd’hui la ville émerveille avec ses couleurs pastel, ses toits en tuile et le charme de ses bâtiments au style baroque et ses églises gothiques.

La résidence des souverains de Bohême.

Notre weekend commence au château de Prague, Prazsky Hrad de son vrai nom. Il règne sur les hauteurs de la Vieille-Ville. Aujourd’hui, il sert de résidence au président de la Tchéquie. L’immense palais fut construit, d’après les légendes vers 885, mais les premières traces écrites parlant du lieu datent de peu après l’an mil dans les textes d’un moine dans les Chroniques des Bohêmiens.
En son sein, plusieurs sites religieux prennent places. Tout d’abord la basilique Saint-Georges et ses tours romanes blanches construit en 925. Elle sert d‘église du palais jusqu’en 973, quand la ville devient un évêché. Aujourd’hui, la basilique possède une belle façade rouge au style baroque qui a été rajoutée au XVIIe siècle.

La cathédrale Saint Guy.

La deuxième grande pièce architecturale religieuse est la cathédrale Saint-Guy. Sa construction a duré six cents ans. Elle débute en 1344 et se termine par le voutement de la nef et la mise en place de la façade ouest avec ses tours néolithiques en 1929. Le monument s’emplit de nombreuses œuvres d’art. La crypte funéraire des rois de Bohême, les vitraux, le tombeau en argent de Saint-Jean, l’ornement en peinture murale de la chapelle funéraire, où se trouve le tombeau de Saint Venceslas, la tour sud haute de 96 mètres,  mais le plus impressionnant à nos yeux reste la porte d’Or. Au dessus de celle-ci, une mosaïque, faite de quartz, calcédoine et carreaux de verre de bohême, représente le Jugement dernier, et est l’œuvre d’artisans vénitiens.

Un repas aux accents traditionnels.

Après un tel moment d’histoire, l’appétit se fait ressentir. Pour notre déjeuner, nous choisissons de découvrir un peu plus la cuisine locale. Nous nous arrêtons au U zlate Podkovy qui propose de nombreux plats traditionnels dans une ambiance de brasserie typique. Les tarifs sont plutôt raisonnable entre 10 et 15 € par personne.
Nous commençons avec une soupe servie dans une miche de pain, (petit défi : essayer de prononcer correctement son nom Polévka v chlebovém bochníku). Ensuite, nous décidons de tester le Goulash. Ce plat d’origine hongroise possède sa variante tchèque. Servi avec des tranches de mie de pain, ce ragout de viande de bœuf offre des saveurs fortes avec ses notes de paprika et d’oignons. Un plat bien réussi !

Le Trdelnik.

Avant de redescendre dans le cœur de la Vieille-Ville, nous décidons de profiter des terrasses proches du château. Elles offrent une vue surprenante avec tous ces toits de tuiles qui colorent le paysage. En même temps, nous découvrons une autre spécialité dite locale : le Trdelnik.
Cette pâtisserie, faite à partir de pâte levée est enroulée autour d’un morceau de bois, puis sucrée et cuite à la broche, n’est pas du tout originaire de Prague. Elle s’apparente aux Kurtoskalacs hongrois avant d’être modifié pour un cuisinier de Skalica en Slovaquie au XVIIe siècle. Depuis 2004, le trdelnik de Skalica est une appellation contrôlée de l’Union Européenne afin d’en préserver son savoir-faire. Ce petit plaisir sucré reste quand même agréable à découvrir surtout dans un tel environnement !

Le mur John Lennon.

Après cette pause, nous nous dirigeons vers un lieu chargé de symboles. Rien ne relie le chanteur des Beatles à la capitale tchèque, mais les symboles tiennent leur sens de l’Histoire. John Lennon était connu pour ses prises de position pour la liberté et la paix. À la suite de son assassinat le 8 décembre 1980, les étudiants de Prague déposent le premier dessin en hommage au parolier d’Imagine pour exprimer leur lutte contre l’oppression. Ce mur deviendra le berceau de la protestation anti-communiste jusqu’en 1989 et la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui, il est un lieu d’expression sociale pour lutter contre les injustices dans le monde.

La place de la vieille ville.

Nous finissons nos visites de la journée en nous dirigeant vers la place de la Vieille-Ville, accompagnés par les murs pastel des bâtiments qui donnent un charme incroyable à la cité. Sur cette place, se trouvent de nombreux monuments dont l’horloge astronomique médiévale.
Construite en 1410, elle se situe sur la façade sud de l’hôtel de ville. Toutes les heures jusqu’à 21 heures, l’horloge attire de nombreux badauds qui attendent, parfois plusieurs minutes devant, afin de voir le monument s’animer. En plus de cette attraction horaire, cette véritable œuvre d’art donne de nombreuses informations avec ses cadrans et aiguilles comme le signe astrologique du moment et son décan, la position de la lune et du soleil, la phase lunaire…

Le Sia.

Pour diner, nous cassons avec les traditions et l’histoire contemporaine qui nous ont suivi toute la journée. Notre choix s’arrête sur le populaire et à la mode restaurant Sia qui propose une cuisine fusion asiatique. L’ambiance du restaurant avec DJ et cuisine ouverte offre une autre facette de la vie à Prague, plus dynamique, plus jeune…
Niveau qualités gustatives, nous ne regrettons pas notre choix. Tous nos plats, et ils sont nombreux, sont bons et bien préparés. En les attendant, Nous partons admirer les cuisiniers fabriquant les dim sum. En bouche, ces derniers ont une pâte fine et fondante. Le canard laqué, fait maison, nous apporte ses odeurs et nous transporte à travers le monde. De ce repas, nous ne ressortirons aucunes fausses notes. Parfait pour clore cette journée !

Le long de la vitava.

Pour notre deuxième journée, nous décidons de prendre le temps d’admirer la vie quotidienne en commençant par longer la Vitava. Cette rivière confluente de l’Elbe coupe Prague en deux. Malgré le froid, le soleil, qui nous accompagne, nous donne envie de flâner et d’admirer des choses simples comme le tramway.
Le premier tram électrifié de la capitale tchèque apparaît en 1891, soit 10 ans après sa présentation par Siemens à l’exposition internationale d’électricité de Paris. À la même époque, La France installe son premier tramway électrique à Clermont-Ferrand en 1890. Depuis 1990, ce mode de transport publique prend de plus en plus de place dans notre quotidien et s’impose dans toutes les villes du monde.

Le pont Charles.

Enfin, nous arrivons sur le pont Charles. Entièrement piéton depuis 1974, le pont est l’une des attractions touristiques le plus célèbre de la Vielle-Ville. Peu importe l’heure de la journée, l’affluence est toujours importante entre les touristes et les marchands ambulants. Construit à partir de 1357, il sert à relier la Vieille-Ville (Stare Mestro) au quartier de Mala Strana au pied du château. Jusqu’à 1741, il était le seul pont au dessus de la Vitava. Ses deux extrémités sont protégées par une tour, et il est orné d’une trentaine de statues en vis-à-vis installées entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. Un pont d’exception !

Le café Impérial.

Avant de repartir, nous ne pouvions pas passer à côté d’une pause gourmande au café Imperial. Depuis plus de cent ans, il partage une atmosphère originale avec ses décorations murales en céramique et son plafond en mosaïque. Le restaurant est aussi le terrain de jeu du chef Zdeněk Pohlreich, très célèbre en république tchèque pour son émission gastronomique Ano. Nous commandons une spécialité d’un pays voisin, l’Autriche l’Apfelstrudel. Avec sa compote de pomme à la cannelle et ses morceaux encore légèrement croquants, il nous confirme la générosité de la cuisine tchèque.

Mais comme toute bonne chose à une fin, nous repartons vers notre quotidien avec une idée en tête : revenir, car deux jours ne suffisent pas pour visiter Prague. Ils nous ont mis l’eau à la bouche et surtout une folle envie de nous replonger dans cette ambiance pleine d’Histoire.

En images : 

 

Texte et photos
Alain Bourdaux – Brigadedesgourmets.com

Autres balades :

Visite du Nord-Aveyron, la découverte du vieux Lyon…

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